Isidore Alexandre Auguste Pils

Paris, 7 novembre 1815 - 3 septembre 1875, Douarnenez

« Rouget de Lisle chantant La Marseillaise chez Dietrich, maire de Strasbourg »

Huile sur papier marouflée sur toile

Intérieur

26x33,5cm

Signature en bas à gauche

1847

Isisdore PILS  Rouget de Lisle chantant La Marseillaise chez Dietrich, maire de Strasbourg Huile sur papier marouflée sur toile, 26x33,5cm - 1847 - (détail). Isidore Alexandre Auguste Pils
Isisdore PILS "Rouget de Lisle chantant La Marseillaise chez Dietrich, maire de Strasbourg" Huile sur papier marouflée sur toile, 26x33,5cm - 1847 - (détail)
Isisdore PILS  Rouget de Lisle chantant La Marseillaise chez Dietrich, maire de Strasbourg Huile sur papier marouflée sur toile, 26x33,5cm - 1847 - (détail). Isidore Alexandre Auguste Pils
Isisdore PILS "Rouget de Lisle chantant La Marseillaise chez Dietrich, maire de Strasbourg" Huile sur papier marouflée sur toile, 26x33,5cm - 1847 - (détail)
Isisdore PILS  Rouget de Lisle chantant La Marseillaise chez Dietrich, maire de Strasbourg Huile sur papier marouflée sur toile, 26x33,5cm - 1847 - (détail). Isidore Alexandre Auguste Pils
Isisdore PILS "Rouget de Lisle chantant La Marseillaise chez Dietrich, maire de Strasbourg" Huile sur papier marouflée sur toile, 26x33,5cm - 1847 - (détail)
Isisdore PILS  Rouget de Lisle chantant La Marseillaise chez Dietrich, maire de Strasbourg Huile sur papier marouflée sur toile, 26x33,5cm - 1847 - (avec son cadre). Isidore Alexandre Auguste Pils
Isisdore PILS "Rouget de Lisle chantant La Marseillaise chez Dietrich, maire de Strasbourg" Huile sur papier marouflée sur toile, 26x33,5cm - 1847 - (avec son cadre)
Isisdore PILS  Rouget de Lisle chantant La Marseillaise chez Dietrich, maire de Strasbourg Huile sur papier marouflée sur toile, 26x33,5cm - 1847 - (verso). Isidore Alexandre Auguste Pils
Isisdore PILS "Rouget de Lisle chantant La Marseillaise chez Dietrich, maire de Strasbourg" Huile sur papier marouflée sur toile, 26x33,5cm - 1847 - (verso)
Isisdore PILS  Rouget de Lisle chantant La Marseillaise chez Dietrich, maire de Strasbourg Huile sur papier marouflée sur toile, 26x33,5cm - 1847 - (verso détail). Isidore Alexandre Auguste Pils
Isisdore PILS "Rouget de Lisle chantant La Marseillaise chez Dietrich, maire de Strasbourg" Huile sur papier marouflée sur toile, 26x33,5cm - 1847 - (verso détail)
Isisdore PILS  Rouget de Lisle chantant La Marseillaise chez Dietrich, maire de Strasbourg - version finale conservée au Musée à Strasbourg. Isidore Alexandre Auguste Pils
Isisdore PILS "Rouget de Lisle chantant La Marseillaise chez Dietrich, maire de Strasbourg" - version finale conservée au Musée à Strasbourg

Expertise : Cabinet Turquin à Paris

Première esquisse préparatoire du célèbre tableau présenté au Salon de 1849 (huile sur toile, 72,5 × 91 cm), aujourd'hui conservé au musée du Louvre et déposé au Musée historique de Strasbourg.

Cette exceptionnelle esquisse constitue l'un des témoignages les plus précieux de la genèse d'une des œuvres majeures de la peinture d'histoire française du XIXᵉ siècle. Réalisée en 1847 par Isidore Pils, elle est la toute première formulation picturale de ce qui deviendra deux ans plus tard l'illustre Rouget de Lisle chantant pour la première fois La Marseillaise, tableau aujourd'hui considéré comme l'une des représentations les plus emblématiques de la naissance de l'hymne national français.

L'œuvre nous transporte dans le salon du baron Philippe-Frédéric de Dietrich, alors maire de Strasbourg, durant la nuit historique du 25 au 26 avril 1792. C'est dans cette demeure que Claude Joseph Rouget de Lisle interprète pour la première fois le Chant de guerre pour l'armée du Rhin, futur La Marseillaise, devant un cercle d'amis profondément bouleversés. Pils choisit de représenter l'instant où le chant s'élève, transformant une réunion privée en un événement appelé à entrer dans la mémoire collective de la Nation.

Au centre de la composition, Rouget de Lisle apparaît dans une posture théâtrale, presque lyrique. Debout, le bras gauche levé vers le ciel tandis que la main droite tient encore la partition, il semble autant déclamer que chanter. Son attitude, inspirée des grands modèles de la peinture d'histoire, traduit toute la puissance de l'inspiration patriotique. Le personnage devient le véritable axe autour duquel s'organise l'ensemble de la scène.

Face à lui, les auditeurs répondent chacun avec une intensité différente. Certains lèvent instinctivement le bras dans un geste d'adhésion enthousiaste, d'autres demeurent absorbés par l'émotion du moment. Madame de Dietrich, assise à gauche, écoute avec une gravité presque recueillie, tandis que les autres protagonistes semblent progressivement emportés par la force du chant. Pils ne décrit pas seulement une réunion mondaine ; il peint la naissance d'un idéal collectif.

Cette première esquisse possède une spontanéité remarquable que l'on retrouve rarement dans la version définitive. Le pinceau demeure extrêmement libre, presque fébrile. Les silhouettes émergent d'une matière vibrante où les contours restent volontairement ouverts. Cette économie de moyens confère à l'œuvre une intensité dramatique exceptionnelle. Plus qu'une composition achevée, cette feuille marouflée restitue la pensée même du peintre en train de s'élaborer.

La palette chaude participe pleinement à cette atmosphère. Les bruns profonds, les rouges mordorés et les verts assourdis enveloppent les personnages dans une lumière intimiste où dominent les tonalités ambrées. Les éclats lumineux viennent ponctuellement révéler les visages, les mains ou les étoffes, guidant naturellement le regard vers les expressions et les gestes. Cette lumière intérieure évoque autant celle d'un salon éclairé à la chandelle que la métaphore de l'élan patriotique qui embrase progressivement les esprits.

Déjà, tous les éléments fondamentaux de la version définitive sont présents : l'organisation de la scène, la disposition des protagonistes, la gestuelle héroïque de Rouget de Lisle et cette montée progressive de l'émotion collective qui fait toute la force narrative de la composition. Toutefois, cette esquisse conserve une fraîcheur d'exécution et une vigueur expressive que les exigences du grand tableau de Salon atténueront inévitablement.

L'œuvre témoigne également de la parfaite maîtrise de Pils dans le domaine de la peinture d'histoire. Lauréat du Prix de Rome en 1838 et profondément marqué par l'enseignement d'Ingres tout autant que par l'observation des maîtres flamands, l'artiste conjugue ici précision historique, vérité psychologique et sens dramatique. Bien avant de devenir le grand peintre militaire du Second Empire, il révèle déjà cette exceptionnelle capacité à faire vivre les grands épisodes de l'histoire nationale.

L'importance historique de cette esquisse dépasse largement sa seule qualité artistique. Elle constitue le premier jalon connu d'un chef-d'œuvre devenu emblématique de l'identité française. Conservant toute la spontanéité de l'invention première, elle permet de pénétrer au cœur du processus créatif de Pils et de mesurer la manière dont se construit une image appelée à devenir l'une des représentations les plus célèbres de La Marseillaise.

Par sa provenance intellectuelle, sa rareté absolue et son lien direct avec le tableau conservé au Louvre et déposé au Musée historique de Strasbourg, cette esquisse apparaît comme une œuvre muséale de tout premier ordre. Elle réunit dans un format intime toute la puissance expressive d'Isidore Pils et immortalise l'instant fondateur où, dans un salon strasbourgeois, naquit le chant qui allait devenir le symbole de la République française.



Information(s) supplémentaire(s) : Bon état de conservation. Cadre du XIXe siècle. Format avec son cadre : 41x49cm. Signé et daté en bas à gauche : « I. Pils 1847 »
Inscription manuscrite au crayon au revers du châssis : « 1848 I. Pils »

RCS STRASBOURG TI 525 048 492 - Neustadt Galerie - Galerie Kiwior - 28 Avenue de la Marseillaise - 67000 Strasbourg France - contact@neustadtgalerie.com - Mentions légales
mots clefs :

XXX