Jean-Jacques Henner

Bernwiller, 5 mars 1829 - 23 juillet 1905, Paris

« Vue de la Dollée (?) »

Huile sur panneau

Paysage d'Alsace

11,7x37,5cm

Signature Non signé

vers 1890 et 1905

Jean-Jacques HENNER Vue de la Dollée (?) huile sur panneau, 11,7x37,5cm - vers 1890 et 1905 (détail). Jean-Jacques Henner
Jean-Jacques HENNER "Vue de la Dollée (?)" huile sur panneau, 11,7x37,5cm - vers 1890 et 1905 (détail)
Jean-Jacques HENNER Vue de la Dollée (?) huile sur panneau, 11,7x37,5cm - vers 1890 et 1905 (avec son cadre). Jean-Jacques Henner
Jean-Jacques HENNER "Vue de la Dollée (?)" huile sur panneau, 11,7x37,5cm - vers 1890 et 1905 (avec son cadre)
Littérature :
  • Isabelle de Lannoy, Jean-Jacques Henner, catalogue raisonné, tome II, 2008, repr.et décrit sous le n° C.1427, p. 286.

Provenance :
- Atelier de l'artiste jusqu'à son décès.
- puis par descendance, collection Jules Henner
- puis par succession, collection Mme Jules Henner
- puis par descendance, collection Famille Henner


Cette huile sur panneau de petit format allongé constitue un témoignage particulièrement rare et précieux de l’œuvre paysagiste de Jean-Jacques Henner, dont la réputation demeure avant tout attachée à ses figures féminines idéalisées et à ses nus baignés de clairs-obscurs veloutés. Ici, l’artiste se livre à une méditation silencieuse sur le paysage natal du Sundgau, probablement une vue de la Dollée, dans une œuvre où l’intime et le contemplatif prennent le pas sur toute ambition descriptive.

Le choix du support — un panneau issu d’une boîte à cigare — inscrit l’œuvre dans la tradition des études de plein air, réalisées sur des matériaux modestes, facilement transportables, et destinées à saisir l’instant avec une spontanéité accrue. Toutefois, loin d’être une simple esquisse, cette composition révèle une maîtrise profonde de la lumière et de l’atmosphère, caractéristiques des dernières décennies de la production de Henner.

La composition s’organise selon une horizontalité marquée, accentuée par le format panoramique, qui guide le regard à travers une succession de plans subtils. Au premier plan, une nappe d’eau calme reflète les tonalités environnantes, introduisant un jeu de miroitements délicats. Les rives, à peine suggérées, se fondent dans une matière picturale dense, où les touches sombres et terreuses instaurent une base presque nocturne.

Au second plan, une ligne d’arbres élancés — peupliers ou silhouettes assimilées — se détache avec une verticalité fragile, scandant l’espace et introduisant un rythme visuel discret. Ces formes, volontairement simplifiées, émergent d’une pénombre vibrante, où les masses végétales se dissolvent dans une pâte picturale fluide et nuancée. À l’arrière-plan, une ligne bleutée de collines ferme la composition, enveloppée d’une lumière diffuse, presque irréelle.

Le ciel, traité en larges nappes lumineuses, oppose sa clarté aux tonalités profondes du premier plan. Il ne s’agit pas d’un ciel descriptif, mais d’une surface picturale où la lumière semble filtrer, comme voilée, conférant à l’ensemble une atmosphère de crépuscule ou de fin de jour. Cette lumière diffuse, caractéristique de Henner, participe d’un climat poétique où le paysage se fait réceptacle d’une intériorité.

La palette, dominée par des bruns profonds, des verts obscurs et des bleus atténués, est ponctuée de touches plus chaudes — rouges, orangés — qui viennent animer la surface sans rompre son unité tonale. La matière, souple et fondue, témoigne d’une écriture picturale où les contours s’effacent au profit de transitions subtiles, proches d’une vision presque vaporeuse du réel.

Dans cette œuvre, Henner ne cherche pas à restituer un lieu avec précision topographique, mais à en saisir l’essence sensible. Le paysage du Sundgau devient ainsi un espace mental, une évocation poétique où la mémoire, la lumière et la matière se conjuguent. Cette approche, rare dans son corpus, confère à ce tableau une importance particulière, renforcée par son inscription au catalogue raisonné et par une provenance directe, demeurée au sein de la famille de l’artiste.

Par son format intime, sa subtilité chromatique et la profondeur de son atmosphère, cette huile sur panneau s’impose comme une œuvre d’une grande délicatesse, révélant une facette plus secrète et introspective de Jean-Jacques Henner, où le paysage devient le lieu d’une méditation silencieuse et profondément personnelle.








Information(s) supplémentaire(s) : Huile sur panneau (boite à cigares). Au dos, une étiquette avec à l’encre le numéro 1442. Il s’agit d’une des douze œuvres peintes sur une boite à cigares. Format avec son cadre : 20,5x46cm.

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