Johann Philipp Andreae

Hausen an der Lauchert, Herzogtum Württemberg, 31 décembre 1699 - 8 octobre 1760, Schwabach

« Globe céleste - Nuremberg 1726 »

Structure des globes en bois, cartographie en papier gravé en couleurs et contrecollé conservant encore le vernis d'orig

Hauteur totale : 37cm

1726

Johann Philipp Andreae Globe céleste - Nuremberg 1726 hauteur totale 37cm. Johann Philipp Andreae
Johann Philipp Andreae "Globe céleste - Nuremberg 1726" hauteur totale 37cm
Johann Philipp Andreae Globe céleste - Nuremberg 1726 hauteur totale 37cm. Johann Philipp Andreae
Johann Philipp Andreae "Globe céleste - Nuremberg 1726" hauteur totale 37cm
Johann Philipp Andreae Globe céleste - Nuremberg 1726 hauteur totale 37cm. Johann Philipp Andreae
Johann Philipp Andreae "Globe céleste - Nuremberg 1726" hauteur totale 37cm
Johann Philipp Andreae Globe céleste - Nuremberg 1726 hauteur totale 37cm. Johann Philipp Andreae
Johann Philipp Andreae "Globe céleste - Nuremberg 1726" hauteur totale 37cm
Johann Philipp Andreae Globe céleste - Nuremberg 1726 hauteur totale 37cm. Johann Philipp Andreae
Johann Philipp Andreae "Globe céleste - Nuremberg 1726" hauteur totale 37cm
Johann Philipp Andreae Globe céleste - Nuremberg 1726 hauteur totale 37cm (vue d ensemble). Johann Philipp Andreae
Johann Philipp Andreae "Globe céleste - Nuremberg 1726" hauteur totale 37cm (vue d'ensemble)
Littérature :
  • - Zinner, Ernst P., Deutsche und Niederlandsiche Astronomischen Instrumente des 11-18. Jahrhunderts, Munich, 1956
  • - Fauser, Alois, Ältere Erd- und Himmelsgloben in Bayern. Stuttgart: Schuler Verlagsgesellschaft, 1964, S. 47
  • - Theodor Hampe, Johann Philipp Andreae und das Medaillen-Pasquill auf den Nürnberger Rat vom Jahre 1731, Mitteilungen des Vereins für Geschichte der Stadt Nürnberg 22 (1918), S. 244-279
  • - Stadtmuseum, Salzburg, Austria. Cadran solaire pilier
  • - Deutsches Museum, Munich. Globe céleste. Cadran solaire pilier.

Provenance :
- collection privée, Bas-rhin



Il était un mathématicien allemand originaire du Wurtemberg, également fabricant de globes, mécanicien, constructeur de cadrans solaires et de boussoles, ainsi qu’éditeur. Johann Philipp Andreae naquit dans un milieu où la science et l’artisanat savant se conjuguaient étroitement : son père, Johann Ludwig Andreae, pasteur et fabricant de globes, initia très tôt son fils à l’observation du ciel et à la rigueur des constructions cosmographiques.

En 1714, la famille quitta le Wurtemberg pour s’établir à Nuremberg, alors l’un des centres majeurs de la production scientifique et instrumentale en Europe. C’est dans ce contexte intellectuel particulièrement fertile que le jeune Andreae développa son activité. Devenu bourgeois de la ville en 1721 à la suite de son mariage célébré à l’église Saint-Laurent, il s’imposa rapidement comme un artisan savant, à la croisée des savoirs mathématiques, astronomiques et techniques. Probablement formé dès avant 1718, il entreprit très tôt la fabrication de globes et la publication de cartes, s’inscrivant dans la prestigieuse tradition nurembergeoise inaugurée par des figures telles que Johannes Schöner, dont il restaura en 1725 un globe terrestre de 1520.

Son activité, nourrie par des collaborations avec des graveurs tels que Johann Christoph Berndt, connut une diffusion durable : les globes conçus vers 1726 furent réédités durant plusieurs décennies, témoignant de leur succès et de leur qualité scientifique. La trajectoire d’Andreae fut cependant marquée par des événements dramatiques : impliqué dans une affaire politique, il fut condamné en 1734 à la détention à perpétuité, avant de s’évader et de poursuivre son activité à Schwabach. Il y développa une véritable manufacture de globes et d’objets précieux, participant encore à la foire de Leipzig en 1740. La fin de sa vie, assombrie par des difficultés financières et judiciaires, s’acheva en 1760 dans la maison de correction de Schwabach.

C’est dans ce contexte intellectuel et artisanal que s’inscrit le remarquable globe céleste daté de 1726, ici présenté. D’un format intime — caractéristique des productions d’Andreae destinées tant à l’usage pédagogique qu’à la curiosité savante — cet objet témoigne d’une synthèse raffinée entre science et esthétique.

La sphère, recouverte de fuseaux gravés puis finement rehaussés à la main, offre une représentation du ciel étoilé où se déploient constellations et figures mythologiques. Celles-ci, héritées de la tradition baroque et des atlas célestes du XVIIe siècle, se distinguent par leur traitement expressif : lions, créatures marines ou figures allégoriques s’inscrivent dans un réseau rigoureux de coordonnées célestes — équateur, écliptique, méridiens — traduisant l’ambition scientifique de l’objet. La polychromie subtile, aujourd’hui patinée par le temps, confère à l’ensemble une profondeur presque picturale, où l’or jauni du papier dialogue avec les rehauts rouges, bleus et verts des figures.

Le cartouche central, particulièrement soigné, porte l’inscription latine « Globus Coelestis », suivie de la mention du fabricant — Joh. Phil. Andreae, Math. Norib. — et de la date de 1726. Ce cartouche, encadré d’éléments décoratifs animés, participe d’une véritable mise en scène du savoir, où l’objet scientifique se donne aussi comme œuvre d’apparat.

La monture, constituée d’un cercle méridien en laiton et d’un piètement tourné en bois noirci, renforce cette alliance entre fonctionnalité et élégance. Elle permet la manipulation du globe tout en inscrivant celui-ci dans la tradition des instruments savants de cabinet, destinés aux amateurs éclairés, aux érudits ou aux princes.

Au-delà de sa fonction didactique, ce globe céleste incarne ainsi un moment charnière de l’histoire des sciences : celui où la représentation du cosmos, encore imprégnée d’imaginaire mythologique, se structure selon les exigences croissantes de la précision astronomique. Il témoigne également du rôle central de Nuremberg comme foyer de production d’instruments scientifiques au début du XVIIIe siècle.

Œuvre à la fois savante et poétique, ce globe de 1726 apparaît aujourd’hui comme un précieux témoin de la culture visuelle et scientifique européenne, où l’observation du ciel se double d’une véritable mise en forme esthétique du savoir.




Information(s) supplémentaire(s) : Il présente les constellations Ptolémaïques, ainsi que celles de Keyser et Houtmann. Structure des globe et bois, cartographie en papier gravé en couleurs et contrecollé conservant encore le vernis ancien. Usures. Piètement en bois noirci.

RCS STRASBOURG TI 525 048 492 - Neustadt Galerie - Galerie Kiwior - 28 Avenue de la Marseillaise - 67000 Strasbourg France - contact@neustadtgalerie.com - Mentions légales
mots clefs :

XXX