Lucien Binaepfel

Rixheim, 1893-1972, Scharrachbergheim

« Assemblée primitve* ou les neuf femmes nues »

Huile sur toile

Nu

65x54cm

Signature en haut à gauche

vers 1945

Lucien BINAEPFEL Les 9 femmes nues huile sur toile, 65x54cm - vers 1945 (détail). Lucien Binaepfel
Lucien BINAEPFEL "Les 9 femmes nues" huile sur toile, 65x54cm - vers 1945 (détail)
Lucien BINAEPFEL Les 9 femmes nues huile sur toile, 65x54cm - vers 1945 (avec son cadre)). Lucien Binaepfel
Lucien BINAEPFEL "Les 9 femmes nues" huile sur toile, 65x54cm - vers 1945 (avec son cadre))
Lucien BINAEPFEL Les 9 femmes nues huile sur toile, 65x54cm - vers 1945 (verso)). Lucien Binaepfel
Lucien BINAEPFEL "Les 9 femmes nues" huile sur toile, 65x54cm - vers 1945 (verso))

Cette huile sur toile (65 × 54 cm), réalisée vers 1945 par Lucien Binaepfel, constitue une œuvre singulière dans la production tardive attribuée à l’artiste, tant par son sujet que par son intensité plastique. Elle représente un groupe de neuf figures féminines nues, disposées frontalement dans un espace boisé, dense et presque clos, où la végétation forme un rideau vertical vibrant.

La composition adopte une structure presque archaïque : huit figures se tiennent debout, alignées ou légèrement décalées, tandis qu’une neuvième est assise au premier plan, introduisant une variation rythmique essentielle. Cette disposition évoque moins une scène anecdotique qu’une assemblée intemporelle, presque rituelle. L’absence de narration explicite confère à l’ensemble une dimension symbolique, voire mythologique. On songe à une transposition moderne des groupes de nymphes ou de bacchantes, mais dépouillée de toute référence explicite à un épisode antique.

La facture est dense, parfois rugueuse. La matière picturale, épaisse, semble déposée par touches fragmentées, presque heurtées. Les contours sont volontairement simplifiés, les anatomies synthétisées en volumes élémentaires. Les visages, peu individualisés, adoptent une expression méditative, parfois mélancolique. Cette simplification formelle rapproche l’œuvre d’une sensibilité post-impressionniste tardive, teintée d’accents expressionnistes : la couleur ne sert pas à modeler illusionniste­ment les corps, mais à en souligner la présence, la chaleur, la fragilité.

La palette est dominée par des tons sourds et terreux — ocres, verts gris, bleus assourdis — qui enveloppent les figures dans une atmosphère presque moite, forestière. Les chairs ne sont pas idéalisées : elles apparaissent légèrement mates, parfois verdies par les reflets du feuillage environnant, ce qui inscrit les corps dans une relation organique avec le paysage. Il ne s’agit pas d’un nu académique, mais d’un nu inscrit dans la nature, presque fusionnel.

Dans le contexte des années d’après-guerre, ce rassemblement de figures féminines peut être interprété comme une allégorie de la régénération ou de la continuité vitale. L’absence d’hommes, la frontalité silencieuse des regards, la stabilité du groupe évoquent une communauté primitive ou originelle. Binaepfel semble s’éloigner ici du réalisme régionaliste pour explorer une dimension plus universelle, presque archaïque de la figure humaine.

Par son traitement synthétique, son intensité matérielle et sa tonalité méditative, cette œuvre révèle une facette moins connue mais profondément moderne de Lucien Binaepfel : un peintre capable, au-delà des paysages et scènes rurales qui ont fait sa renommée, d’aborder le nu collectif avec une gravité plastique et une force expressive qui situent cette toile parmi les expérimentations figuratives marquantes du milieu du XXᵉ siècle en Alsace.



*titre : "Assemblée primitive": Insiste sur l’archaïsme formel et la sensation d’origine, de communauté première.


Information(s) supplémentaire(s) : Excellent état. Format avec son cadre : 72x64cm

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