Raymond-Emile Waydelich

Strasbourg, 14 septembre 1938 - 9 août 2024, Strasbourg

« Boîte reliquaire "aux six escargots" - I love you »

technique mixte

38x33cm*

Signature milieu bas

Raymond-Emile WAYDELICH Boîte reliquaire escargots - I love you - technique mixte 38x33cm (détail). Raymond-Emile Waydelich
Raymond-Emile WAYDELICH Boîte reliquaire "escargots" - I love you - technique mixte 38x33cm (détail)

Provenance :
- collection privée, bas-rhin


Dans cette œuvre délicatement construite, Raymond-Émile Waydelich orchestre une mise en scène intime où l’objet naturel devient relique poétique. Inscrite dans un ancien cadre en bois au veinage chaleureux — véritable écrin patrimonial — la composition adopte la forme d’une boîte-reliquaire, dispositif cher à l’artiste, qui confère à l’ensemble la dimension d’un fragment conservé, d’un vestige affectif.

Six coquilles Saint-Jacques, disposées avec une rigueur presque héraldique, occupent l’espace central. Leur surface irisée, marquée par le temps et la mer, introduit une matérialité organique contrastant avec les éléments graphiques du fond. Waydelich joue ici d’un principe d’animation : chaque coquillage repose sur un petit corps stylisé, dessiné à l’encre, transformant la coquille en carapace d’escargot imaginaire. La mer et la terre se rencontrent ainsi dans une hybridation ludique, typique de l’univers de l’artiste.

La disposition n’est pas neutre. Cinq « escargots » semblent orientés dans un mouvement commun, tandis que celui situé en bas à droite, tourné dans l’axe inverse, fait face aux autres. Ce renversement crée une tension narrative subtile : deux figures se regardent. Entre elles apparaît l’inscription manuscrite « I love you », tracée avec la spontanéité d’un graffiti intime. Ce détail transforme la composition en scène sentimentale, presque théâtrale, où l’amour surgit dans la simplicité d’un mot griffonné.

À gauche, un petit étendard aux couleurs françaises (bleu, blanc, rouge) s’élève discrètement. Il introduit une dimension identitaire, voire ironique, rappelant combien Waydelich aimait mêler références culturelles et poésie quotidienne. L’artiste ne cède jamais au décoratif pur : chaque élément fonctionne comme signe.

Le fond, constitué de papiers collés et de fragments graphiques, conserve des traces de dessins et de griffures à l’encre noire. Ces strates rappellent le principe fondamental de son œuvre : la mémoire recomposée. Les coquillages deviennent alors non seulement des formes naturelles, mais des objets-archives, des reliques d’un récit imaginaire.

Le cadre ancien, massif, aux arêtes patinées, agit comme un dispositif muséal. Il inscrit l’œuvre dans une temporalité ambiguë : est-ce un artefact ancien ou une fiction contemporaine ? Cette ambiguïté est au cœur de la démarche de Waydelich, qui n’a cessé d’explorer l’idée d’archéologie poétique.

L’ensemble conjugue tendresse et ironie. Sous l’apparente naïveté des escargots anthropomorphes se déploie une méditation plus vaste sur la lenteur, la relation et la trace. Le coquillage tourné vers l’autre, comme dans un élan amoureux, incarne cette douceur fragile propre à l’artiste : un monde où les objets dialoguent, où la matière conserve la mémoire des sentiments.

Cette boîte-reliquaire illustre parfaitement la capacité de Raymond-Émile Waydelich à transformer des éléments simples — coquilles marines, fragments de papier, encre — en une narration subtile, à la fois intime et universelle, où humour, archéologie imaginaire et poésie sentimentale se rejoignent.




* Format avec son cadre


Information(s) supplémentaire(s) : Bon état de conservation.

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