Raymond-Emile Waydelich

Strasbourg, 14 septembre 1938 - 9 août 2024, Strasbourg

« Eléphant au parapluie »

Fixé sous verre

Animaux

29x21cm (à vue)

Signature en bas à droite

Provenance :
- collection privée, Bas-rhin

Cette œuvre singulière de Raymond-Émile Waydelich, réalisée selon la technique du fixé sous verre, s’inscrit avec une parfaite cohérence dans l’univers poétique et énigmatique de l’artiste, où les figures hybrides, les associations incongrues et les dispositifs mémoriels se conjuguent pour produire des images à la fois ludiques et profondément symboliques.

La composition, inscrite dans un médaillon ovale et enchâssée dans un cadre ancien aux accents historicisants, joue d’emblée sur une tension entre tradition et modernité. Le cadre, par son décor ornemental et sa patine chaleureuse, évoque les reliquaires ou les portraits du XIXᵉ siècle, tandis que l’image qu’il contient s’affranchit résolument de toute narration classique pour proposer une scène onirique et décalée.

Au centre, la silhouette massive d’un éléphant, réduite à une forme noire presque monolithique, s’impose avec une force primitive. Dépourvu de détails naturalistes, l’animal devient un signe, une présence archétypale, presque totémique. Sur son dos, un oiseau aux ailes déployées introduit un contrepoint aérien, une dynamique de légèreté venant dialoguer avec la pesanteur de la masse animale.

Au-dessus de cette scène improbable, un parapluie ouvert flotte dans l’espace, suspendu sans attache visible. Cet objet, à la fois banal et chargé de connotations protectrices, se transforme ici en motif poétique, voire absurde, participant à une logique d’association libre qui caractérise profondément l’œuvre de Waydelich. Le parapluie devient ainsi un signe ambigu : abri dérisoire, symbole d’une protection inutile ou image d’un monde renversé.

Le fond, traité en réserves claires et en gestes rapides, laisse apparaître les traces du processus — coulures, griffures, stries — qui confèrent à l’ensemble une dimension presque graphique. La technique du fixé sous verre, par son inversion du geste pictural et son rendu lisse en surface, accentue la netteté des silhouettes noires tout en conservant, en profondeur, la mémoire du geste. Cette dualité entre précision formelle et spontanéité de l’exécution participe pleinement de l’esthétique de l’artiste.

La bande inférieure, légèrement teintée de vert, suggère un sol ou un horizon, mais sans véritable ancrage spatial. Comme souvent chez Waydelich, le lieu demeure indéterminé : il ne s’agit pas de situer la scène, mais de la faire exister dans un espace mental, proche du rêve ou du souvenir fragmenté.

Dans cette œuvre, l’artiste déploie une iconographie à la fois simple et riche de résonances. L’éléphant, figure de mémoire et de force, l’oiseau, symbole de liberté, et le parapluie, objet du quotidien détourné, composent une triade énigmatique, ouverte à l’interprétation. L’ensemble relève moins d’une narration que d’une constellation de signes, où le spectateur est invité à projeter ses propres associations.

Par l’usage du fixé sous verre, la réduction des formes à leur essence et l’insertion dans un cadre ancien, Raymond-Émile Waydelich construit ici une œuvre à la fois intime et troublante, où l’humour discret le dispute à une méditation plus profonde sur la mémoire, l’image et le sens. Cette pièce illustre avec finesse la capacité de l’artiste à transformer des motifs simples en une poésie visuelle dense, empreinte d’une étrangeté familière.








Information(s) supplémentaire(s) : Bon état de conservation. Format avec son cadre : 40x33cm.

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