Jean-Thomas Ungerer dit « Tomi Ungerer »

Strasbourg, 1931 - 2019, Cork (Irlande)

« Her majesty the queen's - By appointment of the Queen »

Crayon

39x29cm (à vue)

Signature en bas à droite

vers 1979

TOMI UNGERER Her majesty the queen s - By appointment of the Queen crayon, 39x29cm (détail). Jean-Thomas Ungerer
TOMI UNGERER "Her majesty the queen's - By appointment of the Queen" crayon, 39x29cm (détail)
TOMI UNGERER Her majesty the queen s - By appointment of the Queen crayon, 39x29cm (avec son cadre). Jean-Thomas Ungerer
TOMI UNGERER "Her majesty the queen's - By appointment of the Queen" crayon, 39x29cm (avec son cadre)

Ce dessin à l’encre de Tomi Ungerer, que l’on peut situer vers 1979, s’inscrit pleinement dans la période de conception de son ouvrage majeur Babylon, œuvre satirique consacrée aux élites mondaines et aux théâtres du pouvoir.

La figure féminine représentée ici ne relève pas d’une typologie mondaine générique : il s’agit clairement d’une évocation de Elizabeth II, reconnaissable à la stylisation de ses traits, à son port altier et au protocole vestimentaire qui l’entoure. Coiffée d’un chapeau à large volume et enveloppée d’un imposant manteau de fourrure, elle apparaît dans un moment préparatoire, saisie dans l’intimité d’un geste précédant l’apparition publique.

À ses côtés, la seconde figure — loin d’être un simple accompagnateur mondain — doit être interprétée comme un majordome ou valet, attentif à ajuster le col ou la parure de la souveraine. Son attitude concentrée, son inclinaison respectueuse et la précision de son geste renvoient à la codification rigoureuse du service et de l’étiquette. L’inscription manuscrite « her majesty the queen’s » suivie de « By appointment of the Queen » accentue la dimension institutionnelle de la scène : Ungerer joue ici avec la célèbre formule d’accréditation royale, traditionnellement réservée aux fournisseurs officiels de la Couronne britannique.

La force du dessin réside dans la subtilité du trait. Ungerer ne tombe pas dans la caricature outrancière ; il privilégie une stylisation fine, faite de hachures légères et de contours souples. Le volume de la fourrure, traité par une succession de lignes vibrantes, contraste avec la netteté du profil royal. Le visage de la reine, légèrement accentué mais non déformé, traduit une forme de distance hiératique, tandis que le majordome incarne l’ombre discrète du protocole.

Dans le contexte de Babylon, cette scène prend une dimension symbolique : elle révèle les coulisses du pouvoir et la théâtralité inhérente à toute représentation officielle. Loin de ridiculiser frontalement la monarchie, Ungerer met en lumière la mise en scène permanente du prestige, la ritualisation du paraître et l’appareil invisible qui soutient l’image souveraine.

Le dépouillement du fond, réduit à un cadre esquissé, transforme la feuille en espace scénique. Tout se concentre sur le dialogue silencieux entre la figure royale et son serviteur, dans un équilibre subtil entre respect formel et ironie discrète.

Ce dessin illustre ainsi la maturité graphique de Tomi Ungerer à la fin des années 1970 : une satire élégante, érudite et incisive, où la critique sociale s’exerce avec finesse, révélant les mécanismes du pouvoir sans jamais renoncer à la précision du trait ni à l’intelligence du regard.



Information(s) supplémentaire(s) : Excellent état de conservation. Format avec son cadre : 59,5x49cm.

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